Projets régionaux Le projet SpiroKiné

Entretien avec Vivien HAUSBERG Président de l’URPS MK Occitanie et concepteur de Spirokiné.
Quel est le lien entre l’URPS MK et Spirokiné ?
J’ai toujours considéré que l’URPS n’était pas tant un organe politique supplémentaire mais plutôt une structure opérationnelle de terrain, conçue pour développer des projets de santé.
Le patient, dans le système de santé doit être le premier bénéficiaire de ces travaux.
Néanmoins, les budgets de l’URPS étant issus des cotisations des kinésithérapeutes, il est tout à fait légitime selon moi que le kinésithérapeute soit aussi valorisé dans ses compétences ainsi que la profession pour son rôle majeur dans l’offre de soins de premiers recours. A ce jour l’URPS MK Occitanie finance intégralement le projet.
Spirokiné c’est quoi, en quelques mots, pour le patient ?
La problématique se pose pour la Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO), comme bien des maladies chroniques, de l’arrivée insidieuses des symptômes (dyspnée, toux, expectoration). Il existe une réelle lacune en France dans le diagnostic précoce qui induit que seulement 1/3 des patients atteints sont repérés. Cela occasionne une perte de chance pour ces individus car la BPCO est une maladie qui se soigne, même à un stade précoce. Je pense au sevrage tabagique, au traitement médicamenteux mais bien évidemment aussi à la reprise de l’activité physique qui est de nos compétences de professionnels de santé. Aujourd‘hui je suis convaincu que le kinésithérapeute a un rôle prépondérant à jouer dans le diagnostic précoce de la BPCO.
Pouvez vous nous expliquer Spirokiné pour le kinésithérapeute ?
L’idée serait que les kinésithérapeutes, qui voient 1 million de patients par jour, puissent réaliser une spirométrie (courbe débit/volume) en cabinet de ville. Les résultats seront transmis et interprétés via télémédecine par un pneumologue. Ensuite le médecin traitant bénéficiant de cette collecte d’informations de qualité, pourra jouer au mieux son rôle central pour la prise en charge du patient diagnostiqué. Le kinésithérapeute devient ainsi une sentinelle, formée, compétente et équipée, pour enrayer le sous diagnostic de la BPCO.
Quel intérêt pour la profession ?
L’intérêt se situe dans la conception du projet qui est un protocole de coopération. Par cette innovation sur l’offre de soins et le parcours patient, le département de Physiologie Respiratoire du CHRU de Montpellier et l’URPS MK, tiennent à prouver que la délégation de tâche médicale apporte un bénéfice de Santé Publique pour le patient.
Spirokiné en pratique ?
L’expérimentation a commencé en février 2016 par la formation de niveau européen (Programme Hermès de l’European Respiratory Society ) de 15 kinésithérapeutes libéraux  par le CHRU de Montpellier. D’ici début 2017, la rédaction du protocole de coopération interprofessionnelle devrait être aboutie en partenariat avec l’ARS Occitanie et soumise à la Haute Autorité de Santé. Il s’en suivra la validation de l’acte dérogatoire qui permettra au kinésithérapeute de  « faire souffler » leurs patients.
Quelles sont les perspectives ? Quel sera l’après Spirokiné ?
L’URPS pourrait prêter le matériel nécessaire à ce dépistage aux cabinets formés et situés dans des territoires régionaux où l’accès à un pneumologue est difficile.
Dans un deuxième temps une recherche scientifique sera mise en œuvre pour mesurer les effets sur les comportements en santé des patients entrés dans la filière de la prise en charge de la BPCO par la porte de Spirokiné. Les critères pourraient être le nombre des patients dépistés, le taux des sevrages tabagiques, des traitements médicaux prescrits ou encore de la réhabilitation respiratoire effectuée.
Nous vous remercions pour cet entretien et vous souhaitons bonne chance dans la réussite de Spirokiné.
Merci